1. Jésus parle aux femmes en public : une vraie transgression à l'époque
À l’époque de Jésus, un homme respectable ne parle pas librement à une femme en public, surtout si elle n’est pas de sa famille. La femme est placée sous l’autorité d’un père ou d’un mari. Lui adresser la parole sans “tuteur” est perçu comme déplacé, voire moralement suspect.
Et pourtant, dans les Évangiles, Jésus le fait.Ouvertement. Sans gêne. Sans détour.
L’exemple le plus frappant est celui de la femme samaritaine, au puits (Jean 4).
Jésus engage la conversation avec elle, seul à seule, en plein jour.
Ses disciples eux-mêmes en sont surpris. En agissant ainsi, Jésus brise un code social fort :
il reconnaît à cette femme une dignité relationnelle pleine et entière.
2. Jésus fait confiance aux femmes, même quand la société ne le fait pas...
Dans le monde antique, le témoignage d’une femme n’a aucune valeur juridique. Et pourtant, Jésus choisit des femmes pour porter des messages essentiels.
Marie-Madeleine
Après la résurrection, Jésus apparaît d’abord à des femmes. Et il confie à Marie-Madeleine la mission d’annoncer la nouvelle aux apôtres.
Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.» (Jean 20)
C’est le cœur de la foi chrétienne qui lui est confié.Jésus sait qu’elle risque de ne pas être crue, car la parole d'une femme à l'époque n'a pas la même valeur juridique que celle d'un homme. Pourtant, il lui fait confiance quand même.
La Samaritaine
Dans Jean 4, Jésus révèle à cette femme son identité messianique de manière très explicite — parfois plus clairement qu’à ses disciples à ce stade.Et il lui fait suffisamment confiance pour qu’elle annonce cette parole à toute une ville.
« Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage..»
Dans l’Évangile, les femmes ne sont pas de simples figurantes.Elles sont porteuses de parole.
3. Jésus reconnaît les femmes comme interlocutrices spirituelles
La Samaritaine : un débat théologique de haut niveau (Jean 4)
Le dialogue entre Jésus et la Samaritaine est le plus long échange rapporté dans les Évangiles.
Ils parlent :du lieu véritable de l’adoration,de la nature de Dieu, de ce que signifie croire « en esprit et en vérité ».
Jésus ne simplifie pas.Il ne moralise pas. Il discute avec elle comme avec une véritable interlocutrice spirituelle.Jésus la considère capable de comprendre une réflexion théologique profonde.
Marie de Béthanie : le droit à l’étude (Luc 10)
Marie est assise « aux pieds du Seigneur ». À l’époque, cette posture est celle d’un disciple face à son maître. Un rôle normalement réservé aux hommes.
Quand Marthe s’en plaint, Jésus prend la défense de Marie : « Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée ».
Jésus reconnaît explicitement le droit des femmes : à l’enseignement, à la contemplation, à la vie spirituelle, au même titre que les hommes.
4. Jésus fait passer les femmes d’objets à sujets
Dans le Sermon sur la montagne, Jésus affirme : « Quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis l’adultère dans son cœur. » (Matthieu 5, 28)
C’est un basculement majeur. La femme n’est plus responsable du désir de l’homme.
C’est l’homme qui est rendu responsable de son regard.
La femme accusée d’adultère (Jean 8)
Dans cet épisode, la femme n’est qu’un piège juridique. Un objet que l’on expose pour piéger Jésus.Jésus refuse ce jeu. Il renvoie chacun à sa propre conscience :
« Que celui qui est sans péché jette la première pierre. »
Puis il s’adresse directement à elle :
« Femme, où sont-ils ? Personne ne t’a condamnée ? »
Jésus lui rend sa parole. Il ne la réduit pas à son acte. Elle redevient sujet de sa vie et de son avenir.
En résumé
Dans le Nouveau Testament, Jésus :
- parle aux femmes quand la société l’interdit,
- leur fait confiance quand on ne les croit pas,
- discute théologie avec elles,
- défend leur dignité,
- refuse qu’elles soient réduites à des rôles ou à des fautes.
👉L ’Évangile nous montre comment Jésus considère les femmes.
L’Évangile nous montre que Jésus avait une approche totalement inédite pour son époque. Il vivait dans un monde très codé (influencé par les traditions juives, grecques et romaines) où la hiérarchie était la règle. Sans chercher à renverser le gouvernement ou les lois de l'Empire, il a lancé une révolution invisible mais ultra-puissante : celle de la relation.
Le passage de l'objet au sujet : À l'époque, les femmes étaient souvent traitées comme des "objets" (sous la tutelle du père ou du mari) ou des instruments de service. Jésus casse les codes. Pour lui, une femme est un sujet libre. Il discute avec elles de sujets profonds, de philo et de foi. Il les considère comme des interlocutrices intelligentes et responsables, capables de comprendre son message aussi bien (et parfois mieux) que les hommes.
Une révolution du cœur (pas une guerre civile): Jésus n'a pas organisé de manif pour changer les lois civiles de Rome ou d'Israël. Il a choisi de changer les consciences. Son idée ? Transformer la façon dont les gens se regardent les uns les autres. C'est en changeant le cœur que l'on finit par changer la société.
Une nouvelle dignité : C’est sans doute son message le plus moderne : il explique que la "pureté", ce n'est pas une question de vêtements ou de comportement des femmes, mais une question de regard des hommes. Il déplace la responsabilité : c’est à l’homme de gérer son propre regard et de respecter la dignité de l’autre. En confiant ses missions les plus importantes à des femmes (comme annoncer sa résurrection), il prouve qu'elles sont aussi parmi les premières actrices de son message.

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