Les valeurs du christianisme selon le Nouveau Testament

 (IMPORTANT : valeurs en s'appuyant uniquement sur la lecture des Évangiles et Actes des Apôtres, pas de textes postérieurs)
 

Quand j’ai commencé à relire les Évangiles et les Actes, j’ai été frappée par quelque chose. On parle souvent du christianisme comme d’un ensemble de règles ou de traditions. Mais en regardant les textes eux-mêmes, on découvre surtout des idées qui touchent directement à la vie quotidienne, à la façon dont on agit avec les autres, et à la manière dont on se place dans le monde. Ce qui m’a vraiment marquée, c’est que ces valeurs sont humaines, concrètes et exigeantes, mais jamais pesantes : elles donnent envie de vivre autrement, en étant plus conscient de son impact sur le monde et du sens que l’on donne à sa propre vie.


 

 1. L’amour actif et inconditionnel (Agapè)

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 22,39)
« Aimez vos ennemis » (Matthieu 5,44)

En lisant ça, j’ai compris que l’amour dont parle Jésus n’a rien à voir avec un sentiment vague ou gentil. C’est plutôt un choix concret : tendre la main, écouter, aider, même quand ce n’est pas facile, même avec quelqu’un qu’on n’aime pas vraiment. L’amour devient une force qui transforme la vie, la relation, et parfois la société elle-même.

 2. Le pardon et la miséricorde chrétienne

Dans Luc 7,36–50, Jésus défend une femme rejetée par la société.

Pour moi, ça révèle que pardonner n’est pas laisser passer, mais choisir de restaurer et d’accompagner les personnes, et que la justice humaine doit toujours être tempérée par la compassion.

3. Servir les autres plutôt que dominer (Diakonia)

 « Celui qui veut être le premier sera le serviteur de tous » (Marc 10,44)
Jean 13 : Jésus lave les pieds de ses disciples.

Le pouvoir n’est pas dans la domination, mais dans le service concret. À une époque où la hiérarchie est très marquée, Jésus montre que la grandeur se mesure à la capacité de se mettre au service des autres, même des plus humbles. Servir devient une manière de vivre qui transforme le rapport au pouvoir et aux autres.

4. Une justice concrète surtout envers des plus démunis

 « J’avais faim et vous m’avez donné à manger » (Matthieu 25,35)

La foi se manifeste dans des actes précis : nourrir, accueillir, visiter, protéger. Les plus faibles et marginalisés sont au cœur de l’attention de Dieu.

5. Accueillir l’autre, même dérangeant, même différent

Parabole du Bon Samaritain (Luc 10,25–37) : le “prochain” dépasse les frontières culturelles et sociales. Cette parabole montre que le “prochain” n’est pas seulement celui qui nous ressemble, mais celui qui agit avec compassion.

Actes 10 : Pierre comprend qu’il peut entrer chez un non-Juif (Corneille). L’ouverture aux autres est un apprentissage concret, parfois inconfortable, mais surtout pas une idée abstraite. La foi se vit dans des gestes concrets : nourrir, accueillir, visiter, protéger. Les plus faibles et les marginalisés sont au cœur de cette justice. Cela m’a fait réaliser que la foi n’est pas abstraite, mais toujours incarnée dans la vie quotidienne.

6. La non-violence active

 « Remets ton épée à sa place » (Matthieu 26,52)
Jean 2,13–17 : Jésus renverse les tables des changeurs du Temple. Il ne les tuent pas, ne les blessent pas grièvement, il les effraie et chassent seulement.

Pas de violence contre les personnes. Mais dénonciation claire des systèmes injustes. Une non-violence active, courageuse et concrète. Jésus ne prône pas la violence, mais il agit concrètement contre l’injustice. La non-violence dans le Nouveau Testament n’est pas passivité, mais action courageuse, parole forte et geste juste, même quand cela dérange le pouvoir en place.

7. Le détachement des richesses et le partage

 « Personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre » (Actes 4,32)

Le partage est volontaire et basé sur la fraternité. Objectif : qu’aucun membre ne manque de rien.Une organisation sociale radicalement différente de l’injustice et des inégalités. Les premières communautés chrétiennes partagent volontairement leurs biens pour que personne ne manque de rien. Ce partage n’est pas une règle imposée, mais une manière de vivre ensemble dans la fraternité, de réduire les inégalités et de soutenir les plus vulnérables.

8. La liberté et la responsabilité personnelle

 « Le sabbat est fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat » (Marc 2,27)

 « Chacun recevait selon ses besoins et donnait selon sa volonté » (Actes 4,35–36, adaptation)

Dans le Nouveau Testament, la foi n’est pas une obéissance aveugle. Elle implique des choix conscients, une responsabilité personnelle et une liberté intérieure : on agit par amour et conscience, pas par peur, convenance sociale ou habitude. 

9. La joie profonde et courageuse

« Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »
(Jean 15,11)

Pour Jésus, la joie n’est pas une émotion superficielle qui disparaît dès que les choses deviennent difficiles. C’est une force intérieure qui naît de la relation à Dieu, de l’amour reçu et donné, et de la certitude que la vie a du sens, même au milieu des épreuves.

Dans les Actes des Apôtres, on voit cette joie prendre corps dans la vie des premières communautés : même dans la simplicité, dans les partages et dans les difficultés, ils vivent ensemble avec joie et simplicité de cœur (Actes 2,46). Cette joie n’est pas un bonheur naïf, mais une lumière qui ne s’éteint pas, même quand le chemin est exigeant.

La joie chrétienne ne nie pas les difficultés, elle les traverse en donnant de la force pour continuer.

Valeurs chrétiennes : vivre avec conscience et courage

Revenir aux Évangiles et aux Actes, c’est découvrir un Jésus vivant et exigeant, mais infiniment proche de nous. Ses paroles et ses gestes ne sont pas là pour nous juger ou nous écraser, mais pour nous montrer un chemin de vie : un chemin où l’amour, le pardon, la justice et la liberté ne sont pas de simples idées, mais des gestes concrets qui transforment nos relations et notre monde.

Vivre selon ces valeurs, c’est accepter de regarder nos choix, nos habitudes et nos certitudes avec honnêteté. C’est apprendre à agir avec courage et bienveillance, même quand ce n’est pas facile. C’est comprendre que chaque acte, chaque parole, peut avoir un impact réel sur la société française, européenne et le monde aujourd'hui.

Jésus nous montre que la grandeur ne se mesure pas à ce que l’on possède ou à ce que l’on contrôle, mais à notre capacité à servir, aimer et respecter la dignité de chacun. Le Nouveau Testament nous invite à une vie pleine de sens, libre et responsable, où chaque instant devient une occasion de participer à un monde plus humain et plus juste.

En suivant ce chemin, on découvre que le christianisme n’est pas seulement une religion, mais une école de vie, de sagesse où chaque geste compte et où chaque personne a sa place, digne de respect et d’amour. 

Amen,
Claire-Anne, 29/12/2025, Vendée (Pays de la Loire, France)


 

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