Jeunes, ados face à la dépression : redonner du sens quand tout semble vide

La dépression touche énormément de monde, et les jeunes chrétiens ne font pas exception. Pourtant, dans nos églises ou nos groupes de jeunes, c'est souvent le grand silence. Comme si croire en Dieu devait automatiquement nous vacciner du mal-être, de la fatigue morale ou du vide intérieur. Quand on est jeune et croyant, aller mal peut devenir une source de honte supplémentaire. On se demande alors : « Si j’ai la foi, pourquoi je me sens comme ça ? Je devrais pas; Qu'est-ce qui cloche chez moi ?". Je me suis posée aussi ces questions et certains proches, quand j'étais ado. Je sais ce que c'est. 

La dépression n'est pas un manque de foi. C’est une maladie, pas une faute spirituelle. Cela peut arriver à tout le monde une ou plusieurs fois au cours d'une vie. C'est pas un signe de faiblesse, ni un péché, ni un problème de démon, de possession.

Respire, cesse de culpabiliser, tu es normal(e), juste humain(e). 

La "double peine" : Quand la foi semble peser lourd

Quand on est croyant, on vit souvent une double souffrance :

  1.     Le mal-être intérieur qui nous ronge.
  2.     La culpabilité de se dire : "Si Dieu est avec moi, pourquoi je suis dans le noir ?"

Beaucoup d’entre nous n'osent pas en parler par peur d'être jugés. Certaines phrases, même bien intentionnées, peuvent faire très mal : « Prie plus », « fais confiance », « ça va passer ». Quand on est en dépression, ces mots peuvent donner l’impression de ne pas être à la hauteur, ou de décevoir Dieu. Résultat : on se tait, on encaisse, et la solitude s’installe. Pourtant, la dépression a justement besoin de parole et de soutien.

 

La foi chrétienne ne guérit pas magiquement la dépression

Soyons honnêtes : croire en Dieu ne nous rend pas invincibles. La foi est une boussole, pas un bouclier qui empêche la douleur de nous atteindre. On oublie parfois que Jésus connaît lui aussi la peur, la solitude et l’angoisse. Dans les Évangiles, il pleure, il doute, il se sent abandonné, il traverse une nuit intérieure profonde. Cela change beaucoup de choses pour un jeune chrétien en dépression. Cela signifie que Dieu n’est pas choqué par la souffrance psychique. Il ne méprise pas ceux qui vont mal. Il ne demande pas d’aller bien pour aimer.

👉 Être fatigué de vivre ne fait pas de toi un mauvais croyant.
👉 Aller mal ne te rend pas indigne.
 

 Redonner du sens quand tout semble vide

Quand la dépression s’installe, une question revient souvent : « À quoi je sers ? »
On a l’impression de ne plus être utile, de ne plus avancer, d’être un poids pour les autres.

Le christianisme ne répond pas à cela par de grandes missions héroïques. Il rappelle quelque chose de plus simple, mais aussi plus difficile à croire quand on va mal : la valeur d’une personne ne dépend ni de sa réussite, ni de son énergie, ni de son état mental.

Parfois, le sens n’est pas spectaculaire. Il se trouve dans le fait de tenir aujourd’hui, de demander de l’aide, de ne pas rester seul, ou simplement de continuer à exister malgré la douleur. Et cela compte énormément.

Foi chrétienne et aide psychologique : un chemin possible ensemble

Si tu es un jeune chrétien en dépression, tu as le droit d’aller mal. Tu as le droit d’en parler. Tu as le droit d’être accompagné. Demander de l’aide est un acte de courage, pas un aveu d’échec. La dépression est une menteuse. Elle te murmure que tu es un poids pour les autres ou que personne ne peut comprendre. C'est faux.

Si tu traverses cette période sombre, ne reste pas seul avec tes pensées :
  • Parle à un pro : Un psychologue ou un médecin pourra poser les mots justus.
  • Choisis un proche de confiance : Quelqu'un qui sait écouter sans juger.
  • Garde en tête : Ta vie est précieuse, même quand elle est fragile. Surtout quand elle est fragile. 

Croire, parfois, ce n’est pas "aller mieux" tout de suite. C’est simplement s'accrocher à l'idée que le jour finira par se lever, même si on ne voit pas encore l'aurore.

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